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le fut d’une importance vitale et ils surent mettre de côté les anciens désaccords pour agir

de concert. La municipalité dut, comme cela était déjà arrivé par le passé, jouer le rôle de

médiatrice financière entre les citoyens et le duc, accablé par les dépenses occasionnées par

la défense de la capitale et par la guerre. Plusieurs fois le Conseil municipal délibéra l’émis-

sion et la vente de titres garantis à la fois par le patrimoine municipal et par les biens de la

couronne. Les turinois contribuèrent, ils souscrivirent les titres en mettant à disposition

leur argent, aussi bien que leurs énergies et leurs capacités, acceptant avec dignité les pri-

vations inévitables, affrontant avec courage les risques et participant aux succès, tout

comme en témoignent les nombreuses chroniques relatant ce moment exceptionnel de

l’histoire.

Population et, groupes sociaux, activités productives dans la ville assiégée

Beatrice Zucca Micheletto

Cet essai recherche les dynamiques démographiques, sociales et économiques d’une ville

d’Ancien régime se trouvant dans une situation de belligérance prolongée et courant le

risque d’être assiégée, à travers l’utilisation conjointes de deux sources – le recensement

urbain de 1705 et les procès-verbaux du Conseil municipal de l’époque – et il pose de nou-

veaux problèmes sur le rapport étroit mais plurivalent entre la ville et son territoire en foca-

lisant l’attention sur un des protagonistes les plus importants des événements de 1706: la

population urbaine exclue des grandes manoeuvres militaires.

La reconstitution de certaines composantes de la structure démographique et sociale de la

ville et de son territoire offre une image de Turin du début du dix-huitième qui met en évi-

dence, sans aucune surprise par rapport à ce que l’on sait déjà sur l’Ancien régime, un mar-

ché du travail dominé par les activités artisanales et par les travaux manuels, dont la strati-

fication interne n’est compréhensible qu’en attribuant leur juste valeur à des variables

comme le sexe, la provenance et l’état-civil des individus. La tranche de population immi-

grée qui a énormément investi en termes de choix personnels et familiaux est particulière-

ment importante et significative dans la ville. C’est surtout le monde de l’immigration mas-

culine qui se révèle être le principal réservoir de ces corporations et de ces ouvriers (depuis

les ouvriers du bâtiment, aux menuisiers et serruriers jusqu’aux porteurs et transporteurs à

bras en général) qui, malgré leur réticence à s’engager dans les troupes, ont un rôle décisif

dans la défense de la ville car ils mettent à disposition leurs compétences professionnelles,

ils travaillent durement à l’amélioration et à la consolidation des fortifications, des routes

et des moulins tout en collaborant à l’approvisionnement de la ville en vivres.

«Une certaine force invisible». Dévotions et lieux sacrés

Maria Teresa Silvestrini

Les équilibres entre les différents protagonistes de la vie religieuse urbaine – l’archevêque,

le clergé séculier, le clergé régulier, les confréries laïques – commencent à changer au début

du dix-huitième siècle grâce à une influence plus directe du pouvoir politique et aux stra-

tégies des individus capables de renforcer leur identité à travers de nouvelles relations avec

la cour, avec la municipalité et avec les classes urbaines. Dans cet essai on analyse et on

confronte les sources de l’époque pour mettre en relief, à travers les variations et les aban-

dons dans les différentes narrations, les dynamiques d’irruption et d’accélération qui appa-

raissent dans les transformations ayant cours sur la scène de la ville assiégée. Le duc Victor-

Amédée II, menacé par l’invasion française mais aussi par le conflit avec l’autorité pontifi-

cale, parvient, par l’entremise de son conseiller, l’oratorien Sebastiano Valfrè, à transformer

sa dévotion personnelle et dynastique pour la Sainte Vierge en une dévotion publique, élar-

gie à la ville et à tout le territoire. Le mythe fondateur de la basilique de Superga plonge

ses racines dans le culte marial du duc, le vœu légendaire fait à la Sainte Vierge pour garan-

tir la victoire des troupes du royaume de Savoie, dont la tradition apparaît dans les œuvres

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